samedi 28 novembre 2009

jukebox 2009 # 83



Ana Prucnal reviendra sur scène le 2 février au Vingtième Théâtre.

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lundi 23 novembre 2009

jukebox 2009 # 82



Combien j'ai aimé cet homme ! Mort Shuman, mélodiste minutieux et un homme d'une immense culture. Il est terriblement injuste qu'il sombre petit à petit vers l'oubli et l'indifférence générale. J'ai eu la chance de le voir dans les studios d'Europe 1 que je fréquentais à la fin des années 70. Sa "Lampe" est sans doute une de mes chansons favorites.

dimanche 22 novembre 2009

jukebox 2009 # 81



petite perle sixties avec Chantal Goya avant qu'elle ne cède aux trompettes de Bécassine et du tiroir caisse...

jukebox 2009 # 80



Sting, "An englishman in New York" en hommage à ce cher Quentin Crisp.

avant, après # 27

avant


après


Quentin Crisp (1908-1999)

samedi 21 novembre 2009

mur, murs # 03

Montée des Accoules, Marseille 2e



split screen # 02




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jukebox 2009 # 79



"Apartment", un extrait du tout nouvel album de sa majesté Dame Shirley Bassey. Le titre a été comprosé par mon cher Rufus Wainwright.

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jukebox 2009 # 78



La Miguela, Miguel de Molina, la reine des grandes tapettes d'Espagne broyée par le franquisme... Une figure incontournable de la copla, cette version urbaine du flamenco... Grâce à Almodovar qui a repris ce titre (interprété par une femme) dans un de ses films et Alfredo Arias qui le fait revivre actuellement sur une des scènes du théâtre du Rond Point, cette grande folle devant l'éternel ne sera pas oubliée de si tôt...

dimanche 15 novembre 2009

Les dites cariatides.

Demandez le programme...

Parler de Jean Guidoni ? Volontiers. Mais duquel ?

Il m’arrive de voir l’un deux, Jean Jekyll, je crois. Rencontres brèves, souriantes, d’une politesse marquée, et non exemptes d’une certaine distance. Jean Guidoni vous ferait sûrement le même rapport de ces rencontres-là, et du Pierre Jekyll policé qu’il y croise. Dirait-on les compères de l’entreprise sulfureuse que l’on dit ? Plutôt deux amis respectueux et sans histoires.

Parfois, pourtant, ils bronchent. L’un deux, dans une faille de leur rapport étale, a cru percevoir l’autre. Bref moment. Exquise pudeur. Nous faisons semblant de n’avoir rien vu et nous enchaînons.

C’est que nous préparons, dans nos secrets respectifs, des rendez-vous bien plus importants : ceux de nos doubles, Jean Hyde et Pierre Hyde. Et je crois bien que ceux-là seuls nous importent.

J’ai pour ma part, la plus vive admiration pour Jean Hyde. Je dirais : comme tout le monde. C’est un être qui n’apparaît que trop rarement encore, et généralement devant des assemblées réunies en position d’auditoire. Impénétrable public, puissant spirite capable de matérialiser, dès que déclinent les lumières, un personnage inconnu, blanc, noir, coupant, fragile, électrique, déchiré et valeureux, irradiant sa lumière propre, arpentant son espace propre et y installant sa propre mythologie.

Je regarde cette chimère, incrédule. Je reviens vers la loge de Jean et j’y contemple avec attendrissement les lambeaux de sa mue et ses gri-gri dérisoires. Et, en m’aspergeant de son eau-de-cologne, je constate avec fatalisme : c’est donc le même… Je retourne à la lumière décapante du plateau. J’essaie de reconnaître, dans la bouche du boxeur de lune qui s’y déchaîne, les mots que j’ai arrachés à mon propre double. Mais ils ne sont plus les nôtres. Jean Hyde les a fait siens et, vous les assénant en uppercuts, gagne son combat.

Comme j’aimerais faire partager l’étonnement de ce prodige à Pierre Hyde ! Où est-il encore, celui-là ? Jamais là quand il le faut. Et me voilà courant dans les coulisses, cherchant dans chaque trou d’ombre à mon double qui ne peut manquer de s’y dissimuler. Mais seuls les mauvais miroirs des loges désertes me livrent une image détestable : la mienne.

Dans les haut-parleurs, au loin, j’entends la voix de Jean. Une plainte. Un cri. Qui crie ? Lui, bien sûr, et tous les autres qui ne peuvent pas crier et qui, comme le disait Cocteau de Marianne Oswald, crient par sa voix. J’approche du rectangle magique du plateau. Je me force à poser les yeux sur cet événement impitoyable. Je vois Jean, sous un orage de mots, dans une conflagration de sentiments, mais porté par l’ange, vaincre l’hydre de la médiocrité aux griffes et aux becs toujours renaissants.

Alors soudain, au centre du combat de ce diable solitaire, je distingue clairement ce désert intérieur, cette mer intérieure auxquels nos défroques terrestres n’ont pas accès et où, main dans la main, lui et mon double cheminent ou sombrent, les larmes aux yeux, à jamais préservés de votre mépris, de votre indifférence ou de vos bravos.

Pierre Philippe


(c) 1983, "programme de l'olympia"
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un mois en images - août 2009 # 2











split screen # 01


avant, après # 26

le minou du panier...

avant






























après

samedi 14 novembre 2009

il y a, dimanche 8 novembre

video

Jean Guidoni filmé dimanche dernier au Théâtre des Abbesses par mes soins avec mon appareil photo. Finalement, je ne m'en sors pas trop mal. La lumière est trop forte mais je trouve que sans aucun pied, le cadre est quand même assez serré.

best of "company"



Je viens d'ailleurs de trouver ce petit "best of" du film de Pennebaker avec des extraits de la plupart des grands airs de "Company". Quel putain de disque tout de même. J'ai la sensation en revoyant ces images que c'est la parfaite incarnation du début des années 70. Comme si ce qui faisait la grandeur de Sondheim était sa prise directe sur son époque. Il n'en reste évidemment plus grand chose aujourd'hui. L'âge du cynisme a remplacé celui du verseau. Je ne suis pas spécialement nostalgique. Ce n'était pas mieux avant, c'était juste avant.

jukebox 2009 # 77



Sans aucun doute, ma chanson favorite (avec "Night waltz") de Stephen Sondheim, "The ladies who lunch". Elaine Stritch en fut la créatrice à Broadway en 1972. En 2000, à 76 ans, elle avait encore la puissance nécessaire pour en venir à bout. Je vous recommande le formidable documentaire de D.A. Pennebaker sur l'enregistrement du disque où donne toutes ses tripes pendant les séances pour des prises qui ne furent pas gardées... Une très grande dame !

jeudi 12 novembre 2009

jukebox 2009 # 76



Amanda Lear telle que je l'aimerai toujours. A 70 ans, elle a toujours la pêche mais la magie n'est plus là, elle n'est plus qu'une vieille dame indigne... Ce qui est tout à son honneur !

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mercredi 11 novembre 2009

jukebox 2009 # 75



Un grand merci à Jean pour cette découverte... Avant Magma, Stella Vander était simplement Stella et chantait de délicieuses naiseries pleines d'ironie :"Pourquoi pas moi ?".

un mois en images - août 2009 # 1
















sacré Tintin ! :o))

mardi 10 novembre 2009

jukebox 2009 # 74



spéciale dédicace à Fabrice : la grande Suzy Solidor, "Ouvre".

samedi 7 novembre 2009

Les solitaires intempestifs

Nous avons trente ans.
Nous croisons parfois quelques gamins qui nous disent : "de ton temps..."
Nous sommes nés à la fin de la Guerre Froide, nous parents ont l'âge de Brigitte Bardot, Johnny Hallyday et Pierrot le Fou.
Ils auraient l'âge de Jean Seberg si elle avait voulu.
Nous sommes les petits frères des fameux enfants de Marx et de Coca-Cola et nos écoles sont restées fermées pendant le mois de mai 1968.
Nous sommes devenus sans nous en rendre compte les aînés de la Génération morale.
Nous faisons l'amour en pensant à la Mort et nous sommes inquiets de la Paix.
Nous sommes Fabrice à Austerlitz : nous ne voyons rien des batailles et des réalités du monde.
Nous sommes amusés de notre propre nostalgie. Nous sommes nourris de nos livres et des livres de ceux qui nous précédèrent.
Nous aimons les chansons qui nous parlent de chansons et les films qui nous parlent de cinéma.
Nous marchons paisiblement dans la peur et la beauté des catastrophes ou des utopies les plus terribles.
Nous ne sommes faits que des souvenirs qu'on nous inculqua.
Nous ne sommes pas des références.



Jean-Luc Lagarce
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viens voir les comédiens # 09



Après "Krum", "Angels in america", "Krol Roger", Warlikowski a de nouveau fait voler en éclats les règles de la représentation théâtrale. Qu'avaient donc Euripide et Eschyle à nous dire sur la Shoah ? La question peut sembler saugrenue mais la réponse n'est pas forcément là où on l'attend. Quatre heures d'un théâtre d'une tension inhabituelle pour prendre le spectateur à la gorge et ne plus lui laisser une seconde de répit. De toutes façons, aucune mort n'a jamais sauvé la vie à qui que ce soit... Bien sûr, il faut un minimum de bagage mais le voyage en vaut la chandelle... Le problème, c'est qu'à force de tant d'épuisement de la forme théâtrale, on va finir par ne plus pouvoir aller au théâtre... l'excellence exige l'excellence... j'arrête avant de déraper... la pièce ne se joue que quelques petits jours à Chaillot (jusqu'au 12 novembre)... si vous en avez le loisir, n'hésitez pas... Les images de ce spectacle risquent de vous accompagner longtemps...
quelle semaine !
ps : dans les images ci-dessus, seules les 4 premières minutes concernent "(a)pollonia". on peut surtout y voir un fragment du passage consacré au sacrifice d'Iphigénie avec la fabuleuse prestation de Maciej Stuhr en Agammemnon.




quelques secondes de la danse de Clytemnestre avec Renate Jett en choreute...

les nuits sans jacno...



faudra nous y faire... Denis Quillard nous a quittés... Jacno s'en est allé...

jeudi 5 novembre 2009

viens voir les comédiens # 08



N'hésitez pas ! La reprise au théâtre de l'Athénée de la version de "La cantatrice chauve" de Ionesco par Jean-Luc Lagarce est une merveille. Exactement le genre de spectacle dont on peut se dire "j'y étais" !

dimanche 1 novembre 2009

la formidable mauvaise vie

Vincent Josse a écrit ceci sur son blog. J'en reprends chaque mot à mon compte.

Encore un livre déversoir dans lequel s'épanche un ego ? Non. Et pourtant il n'est question que de ça dans "la mauvaise vie", l'intime. Dans la vie comme en art, tout est affaire de style. Frédéric Mitterrand en possède. Son écriture est à son image, délicate, cultivée, riche, enlevée. Jamais de complaisance ni de pleurnicherie déplacée. Sa plume est précise comme la prose d'un reporter quand l'auteur décrit les garçons croisés et loués dans les bars de Thaïlande, elle devient éminemment romanesque quand il s'agit d'exprimer son passé, sa culpabilité et ses amours toujours contrariées. Coupable, Frédéric Mitterrand l'est depuis l'enfance. Se sentant très tôt homosexuel, il vit son attirance comme une pulsion diabolique, car elle ne cadre pas avec son éducation bourgeoise. Il se croit seul, se vit seul, différent des copains et ce n'est pas la gouvernante surnommée "la méchante" qui écourtera sa souffrance. Le destin en a décidé ainsi. Le pauvre petit garçon riche souffre et souffrira. Son livre d'ailleurs écrit sous la nette influence de Proust, dit plus de la douleur qu'enfante un certain type d'éducation bourgeoise que de la difficulté à vivre une homosexualité. Mauvaise vie ? Parce qu'il se sent incapable d'être aimé, désiré. Il se décrit "bouchon au fil de l'eau, naufragé" et ne suit qu'un fil, un seul, la voie de l'affect. Lui reviennent en mémoire les garçons aimés sans retour et son grand amour qui l'a dévasté, il parle alors d'un "très vieux tonnerre qui roule encore". Mauvaise vie ? Parce que sa haine de soi l'amène depuis l'âge de 25 ans à payer des hommes, sûr, ainsi, de n'être jamais refusé. Une actrice lui confesse qu'il y a "quelque chose de profondément maladif dans le fait de payer." Il acquiesce, s'avouant "incapable de guérir". Mitterrand réussit une gageure : il trouve un équilibre inoui entre pudeur et impudeur. Description de ses virées en Asie du Sud-Est où il loue le corps des hommes jeunes : "Ces rituels de foire aux éphèbes de marché m'excitent énormément". On peut s'indigner au nom de la morale, mais comment montrer du doigt Mitterrand qui traduit avec tant de nuances et même de poésie ce qu'est "une vie infirme, toute de refoulement et de frustration" ? Si l'on devine en permanence le petit garçon malheureux sous le masque de l'animateur jovial, on perçoit aussi des plaisirs, des lueurs. Ne serait-ce que l'apparition récurrente d'une Deneuve, image distante et divine ou la gentillesse et le brio d'une Sagan. Le plus macho des lecteurs devrait être bouleversé par une telle transparence, une vérité si bien contée, confiée, et non déballée. Un mot résume autant l'être que l'écrivain Mitterrand : c'est l'élégance.

Chronique diffusée sur France Inter le 30 mars 2005, à 7h24 . Je pourrais la redire aujourd'hui avec les mêmes mots, le même enthousiasme .